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La Paz

Samedi 26 octobre 2019

Bien que trouvant un bus immédiatement à la gare de bus, il faut tout de même une heure et demie pour sortir de La Paz et de sa grande banlieue.
À Patacamaya, je remplis ma gourde (5l) et mon estomac
Plus je vais aller vers la frontière et moins ce sera peuplé.

100 kms plus loin, dans le petit village de Curahuara de Carangas, se trouve une belle église au toit de chaume qui renferme d'exceptionnelles fresques du XVII. C'est clairement la plus belle du pays.







Un peu galère pour s'y rendre et sûrement plus pour en repartir, elle vaut incontestablement le détour.

De retour sur la grande route, il n'y a que du fret pour la direction du Chili.
1 heure plus tard, enfin un véhicule passe et me prends !





Pour aller à Sajama, il y a environ 70 kms de route puis 11 kms de piste !
Évidemment, pas âme ne passe par ici, donc je me déleste de mes 4 litres d'eau restant et c'est parti pour 11 kms.



Il est 17h30 et la fin de la marche sera de nuit. Ça sent la loose.
Par une chance incroyable, un véhicule, probablement le seul, passe une heure plus tard (4 kms plus loin) et me dépose en plein centre du minuscule village
Je ne sais pas si c'est le froid (de nuit à 4200m à nouveau) ou le fait d'être tout seul (j'étais en charmante compagnie la veille au soir), mais là, j'ai un peu le cafard.
Je suis tout de même content d'être ici car on est seulement à 30 kilomètres de la frontière chilienne, donc je n'aurai plus de problème pour quitter le pays. J'ai même un jour d'avance sur mon parcours.

La Paz

Vendredi 25 octobre 2019

Il faut venir le matin pour profiter d'un bon ensoleillement sur la basilique et la place principale regroupant la cathédrale et le palais présidentiel.
Je parcours alors le centre ville, mais pas au pas de course tellement le moindre effort fait battre le cœur.




























A l'heure du déjeuner, quand le soleil est au zénith, je me fais un petit tour de téléphérique au hasard. C'est mieux que le drone !
La vue d'un sommet est vraiment fantastique







Puis je m'enfonce successivement dans le marché aux sorcières, vendant des fœtus de lamas et toutes sortes d'herbes pour prévenir des sorts et autres ... à l'immense marché noir où il est possible de trouver absolument tout, (ampoules, vêtements, poissons , fruits et légumes et même des animaux vivants !)

Puis je retourne au musef, car hier je n'avais pas pris de photos pour profiter à fond de la visite ...
Et c'est un nouvel enchantement...




La fameuse collection de masques !

















En fin de journée, je prends le téléphérique d'El alto, qui domine la ville.
En chemin , je trouve des opticiens qui font des verres à ma vue ( j'ai mon ordonnance avec moi ) pour 150 bob (20€) la paire, en une heure ! Pas besoin de mutuelle ici à ce tarif !


C'est dommage que je n'ai pas le temps d'attendre car j'en aurais bien pris 2 paires ! (une de vue et une de soleil) 



La Paz

Jeudi 24 octobre 2019

N'ayant rien préparé sur les visites à La Paz, je prends (perds) ma matinée à comprendre la ville et situer les lieux intéressants.

La ville en elle même ne présente aucun intérêt architectural à part quelques bâtiments coloniaux en mauvais état pour la plupart.
En revanche, la situation géographique de la ville est assez exceptionnelle.
Perchée à 3500 m d'altitude environ, elle est entourée de montagnes dont les flancs sont pratiquement tous habités.
Ici , pas de métro malgré les 1,5 million d'habitants mais 10 lignes de téléphérique qui relient de nombreux quartiers et desservent aussi les crêtes des montagnes.


C'est la première fois de ma vie que je vois une métropole comme ça ! C'est très impressionnant

Se tient non loin de mon hôtel, le marché Lanza Qui regroupe sur plusieurs niveaux en pente, tous types de commerces et de restaurants.


Une charmante petite rue regroupe, entre autres, quatre musées dont un exceptionnel regroupant des objets en or qui étaient portés lors des événements traditionnels. 


De même qu'à Sucre, se tient ici dans un magnifique bâtiment colonial, le musée musef.
De nombreuses collections y sont présentées telles que les bonnets ( très important ici) les masques de carnaval, les ''chapeaux'' en plumes, des bijoux, des vêtements traditionnels etc)
Le tout est très bien présenté avec de magnifiques objets. De plus j'ai la chance d'avoir une visite intégrale en français , qui me fait comprendre beaucoup de choses, et pas seulement les voir...
C'est à mon sens le meilleur musée du pays.

Pailon (50 kms avant Santa Cruz)

Mercredi 23 octobre 2019

Dès le réveil, ma première préoccupation concerne l'état des routes, et ce n'est guère mieux.
Pour passer le gigantesque pont , il y a successivement 3 blocages.
Il faut prendre des motos taxi dans la brousse pour contourner. 

Puis, on continue sur une trentaine de kilomètres où on est à nouveau bloqué.

Rebelote 5 kms plus loin !

Tout le long de la route, il y a de curieux ralentisseurs, deux rangées de plots en quinconce où il faut quasiment s'arrêter pour passer

Puis il y des blocages tous les kilomètres, je marche, marche, marche.


À la fin , c'est carrément à tous les gros carrefours qu'il y a des blocus.


Mon but est l'aéroport à 25 kilomètres...
Mais pour aller où ??? Je me pose la question de quitter carrément le pays tellement il est impossible de bouger.

Après plusieurs kilomètres à marcher de la zone industrielle à la banlieue, je trouve un moto taxi débrouillard.
Nous contournons de nombreux blocus, traversons une voie ferrée et un canal pour arriver enfin à 1 kilomètre de l'aéroport.
Je le bénis, il s'appelle Daniel !
Je suis surpris qu'il n'y ait ni police ni armée devant l'aéroport...

En franchissant la porte d'entrée, j'ai l'impression d'être une vraie bête, sale, fatigué, affamé etc...

Que d'énergie, de temps et d'argent dépensés pour passer !!


Renseignements pris sur la situation du pays, je décide tout de même d'aller à La Paz après que l'hôtesse ait appelé son collègue là bas, qui nous rassure sur la situation.

Aux toilettes, je constate que je ferai peur à une écrevisse d'une part et que mon t-shirt s'est littéralement solidifié avec la sueur !

1 heure plus tard, me voilà à La Paz, heureusement, pas de blocus dans les airs ;)

Ici on est à nouveau à plus de 4100 m d'altitude .

La descente vers le centre ville est très importante. On perd 500 m en seulement 15 minutes ! 

San Rafael de Velasco

Mardi 22 octobre 2019

Au petit matin, je zieute à nouveau cette église avant de prendre le chemin de San Miguel. Étant donné qu'il n'y a pas de transport pour faire ces 40 kilomètres, je décide de commencer à pied. Effectivement, pendant 30 minutes, pas âme qui vive !
Et coup de bol encore, le premier pick up qui passe me prend. Heureusement, car ça commence à taper avec le sac !




San Miguel est un tout petit village avec la place principale comme centre. L'église de trouve sur un des côtés.
Le plafond a un dessin très original représentant le soleil je suppose.
Je ne m'éternise pas car le ciel est couvert





De l'autre côté de la place se trouve l'association des chauffeurs de transport de personnes.
La petite Toyota embarque 7 personnes mais il faut attendre tout de même une bonne heure pour la dernière personne. Pas d'horaires ici, le véhicule part quand il est plein .

40 kms plus au nord , on arrive à San Ignacio, une ville de 60000 habitants.
Le terminal de bus est éloigné du centre ville que l'on rejoint donc en moto taxi
Détruite dans les années 1950, elle a été reconstruite mais l'intérêt des murs et de la tour en béton laisse à désirer...

Une fine tranche de viande, du riz et un excellent jus de tamarin me permettent de repartir .


J'ai déjà effectué un tiers de ma boucle en forme de cloche.

Malheureusement, au terminal j'apprends qu'il y a un blocage et qu'il est impossible de se rendre plus loin, à Conception, ma prochaine étape.

Étant donné que ce n'est pas sûr, c'est très récent et faisant suite à l'élection présidentielle d'avant hier, je décide d'aller jusqu'au blocus pour voir ce qu'il en est...
Le moto taxi m'y conduit et là je rencontre deux 4x4 sprinter français.
C'est sans équivoque, à 6 kilomètres ils ont érigé un mur en brique sur la route et mis des voitures en travers. Donc absolument rien ne passe !

Ça sent le roussi ! Il faut donc que je rebrousse chemin sur 500 kms !
Il est 16h passées , je décide de changer totalement de programme pour aller directement à Santa Cruz.
Qui sait ce qui peut se passer, au moins là bas, il y a un aéroport...

Si je calcule bien, ça fait arriver à Santa Cruz, la plus grande ville du pays, minimum à 2h du matin. Ça fait 3 jours je n'ai aucun accès à internet par ici donc je ne sais pas non plus où je vais crécher.
Le bon plan de merde quoi !

Les 450 premiers kms se passent impeccablement jusqu'au pont de la rivière Rio Grande où un autre blocage est présent.
Nous sommes à seulement 50 kilomètres de Santa Cruz :(

Le temps de comprendre ce qui se passe vraiment, il est 3h du matin. Dans le bus, nos amis les moustiques en profitent ! Je vais dans le village et trouve le seul hébergement sommaire qui me permettra de me reposer quelques heures.
En espérant que ça se calme d'ici demain.

Chochis

Lundi 21 octobre 2019

J'attends une petite heure mais rien ne vient. Seul un véhicule va à Santa Cruz mais il n'a pas de place.
Je décide alors de tenter ma chance directement sur la route principale, en faisant du stop. (100 kms)
Coup de bol, le premier véhicule qui passe s'arrête pour me prendre !
Il s'agit de pompiers venus combattre les feux dans la région.



La première visite des missions églises commence à San José de Chiquitos. Elles datent toutes des environs de 1750.
Le plus étonnant dans l'histoire, c'est seulement 10 ans après la construction des églises que les jésuites ont été expulsés du pays.







Magnifiquement construit en pierres, l'ensemble se compose de plusieurs bâtiments plus une tour.
Les façades alignées sur la place principale sont absolument somptueuses.
Malheureusement il faut attendre demain pour visiter... Donc je me "contente" de cette vue idyllique et de quelques belles peintures extérieures

Un petit tour au marché pour déjeuner, reprendre de l'énergie, me poser...
Il fait plus de 35°, le moindre kilomètre de marche tue.
Allez, il me reste plus qu'à se rendre au terminal de bus pour trouver un transport vers le nord.
Bonne pioche, il y en a un dans 1 heure et demie.

On plafonne à 60 km/h sur une piste bien chaotique au début
Il y a 130 kilomètres à parcourir et je doute que cela s'améliore au fur et mesure que l'on s'enfonce dans la brousse ...

Durant tout le trajet, j'étudie l'exposition des façades par rapport au soleil, pour les 5 églises restantes.
Si on n'arrive pas trop tard, il se peut que le dernier rayon de soleil baigne la façade.
Malheureusement, nous arrivons à San Rafael de Velasco à 18h donc c'est mort, le soleil est couché. En revanche l'église est ouverte et éclairée.
Avant même de chercher un hôtel, je pose mon sac en face et commence la visite.



A 50 mètres, je trouve une super piaule , la meilleure du pays, 70bob (9€), avec la clim !

Le plus dur sera sûrement de quitter ce village demain matin, mais bon, on verra demain...